Analyses

Tatiana Golovin, un retour plus difficile que prévu qui sonne déjà comme une petite victoire…

Engagée au tournoi ITF de Poitiers (France, W80, indoor) cette semaine, où tout ne s’est pas passé comme prévu – défaite au premier tour en deux sets 0-6, 1-6 face à l’Allemande Antonia Lottner (n°165) – Tatiana Golovin n’a pas vécu un retour facile. Cependant, elle revient pour exorciser les démons d’une carrière interrompue par la maladie et savait à quoi s’attendre. À 31 ans, elle vit d’ailleurs ce retour comme une libération.


Ces dernières années, nous avions plus vu la Française Tatiana Golovin sur un plateau de télévision que sur un court de tennis. Pourtant, à 31 ans, cette ancienne 12ème joueuse mondiale, qui souffre de spondylarthrite ankylosante, a fait son retour sur le circuit au tournoi International Event de Luxembourg. C’était il y a une dizaine de jours et elle avait perdu lors des qualifications. Cette semaine, la Tricolore s’est engagée au tournoi ITF de Poitiers (France, W80, indoor), sans plus de succès : défaite 6-0, 6-1 face à l’Allemande Antonia Lottner (n°165). Un retour difficile, donc, mais qui aura déjà aidé Golovin à chasser quelques démons.

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Pour nos confrères du journal Le Parisien, Tatiana Golovin a accepté de revenir sur cette reprise et sur ses sensations. Elle a par exemple évoqué son ressenti après ces deux premières rencontres sur le circuit professionnel, après plus de onze ans d’absence. « Le lendemain ça allait, le surlendemain était un peu plus difficile », a ainsi déclaré la Française. « Cela devient dur dans la tête, dur physiquement mais ce sont des choses par lesquelles il faut passer pour progresser. Le corps a besoin de beaucoup de temps pour se réadapter. En même temps, à mon âge, tu ne peux pas forcer sous peine de se blesser. Je ne suis pas très patiente et j’ai toujours eu l’habitude de faire les choses rapidement. Il faut trouver l’équilibre… » Mère de deux enfants, âgés de quatre et deux ans, elle doit aussi ajouter ce paramètre à son retour aux affaires, en plus de jongler avec la maladie. « En étant mère, on change aussi », a-t-elle ajouté. « C’est cent fois plus compliqué. Il y a moins de périodes de repos, tu n’auras jamais les mêmes priorités et le même état d’esprit. Mais en même temps c’est plus positif. En fait, je ne planifiais pas spécialement de reprendre. Pour moi c’était un peu fini il y a dix ans. »

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Touchée au dos, victime d’une spondylarthrite ankylosante, c’est ce qui l’a poussée à se retirer du circuit en 2009. Tatiana Golovin n’avait alors que 21 ans et elle a accepté de revenir sur ses souvenirs douloureux. « Il y a plusieurs médecins, ils te posent leur diagnostic et toi tu fais un blocage sur quelques mots », s’est-elle souvenue. « Ils m’ont dit : ‘Ce n’est pas compatible avec le sport de haut niveau, les traitements sont très lourds et vous ne pourrez peut-être pas avoir d’enfant et il y a des risques de cancer.’ Voilà les trois mots : tennis, enfant, cancer. Tu ne peux pas oublier. Aborder ces sujets peut être un vrai choc pour les patients. Chacun le gère à sa façon. Ce n’est pas parce qu’on est athlète de haut niveau que l’annonce est différente. » À l’époque, cela avait été une annonce délicate à gérer pour la joueuse qu’elle était, qui avait forcément beaucoup d’attentes puisqu’elle n’était qu’en début de carrière. « Ce genre de maladie n’était pas acceptable », a-t-elle reconnu. « J’avais trop d’attentes en tennis et tu ne peux pas gagner des Grands Chelems avec ça. Je ne pouvais pas jouer par intermittence et voir comment cela évoluait. Aujourd’hui, je suis dans un autre état d’esprit. Si je veux arrêter dans un mois, j’arrête. C’est génial d’avoir fait le Luxembourg, c’est génial d’aller à Poitiers mais ce n’est en aucun cas une garantie que je vais pouvoir continuer et que j’arriverai à gérer les douleurs pour arriver au niveau que je souhaite. Je vis au jour le jour. » Enfin, Golovin est revenue sur son rôle de consultante, qui n’a pas été aussi facile à accepter qu’il n’a pu paraître. « Je n’avais plus le droit aux vestiaires ou au terrain », a-t-elle commencé à raconter. « J’étais de l’autre côté de la barrière et c’était encore plus dur à accepter. Je n’étais pas bien à regarder les autres. À la télé, au début, c’était hyper compliqué de commenter les matches. Je devais faire de gros efforts pour rester lucide et donner envie aux gens de regarder alors que je ne voulais absolument pas parler des autres ! »

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Jusqu’à présent, les premiers matches disputés par la Tricolore n’ont fait que susciter des doutes, mais ce sont des doutes sportifs, rien de plus. Le défi de Tatiana Golovin est beaucoup plus psychologique. si la tête suit, les performances devraient être au rendez-vous. « Il faut se mettre devant l’obstacle pour savoir si tu peux ou pas », a déclaré la joueuse originaire de Russie. « Au moins je serai fixée. Quoique je fasse après, je serai plus tranquille, apaisée. J’aurais essayé et j’accepterai tout plus facilement sans faire de cauchemar. » Tout ce qu’on lui souhaite, en tout cas, c’est de retrouver le goût de la victoire, au moins une fois dans cette nouvelle carrière.

Crédit photos : @Matryochka, @LeParisienSport, @YahooSportFR

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