Analyses

Quand Nick Kyrgios surmonte son « côté obscur », il devient un autre joueur…

Ce dimanche, au terme d’une semaine pleine et sérieuse, l’Australien Nick Kyrgios (n°52) a remporté son sixième titre lors du tournoi ATP 500 de Washington. Concentré, malgré quelques facéties qu’il ne peut pas s’empêcher de faire pour le plus grand plaisir des fans, il a démontré que quand il reste concentré et dans son sujet, il peut être un adversaire très dangereux et un joueur de tennis pétri de talent.


Lorsque Nick Kyrgios (n°52) entre sur un court, c’est toujours pour faire le show. Cela l’a souvent desservi, et il a souvent été critiqué pour ses attitudes : services à la cuillère, joutes avec les arbitres ou le public, etc… Seulement, cette semaine au tournoi ATP 500 de Washington, le bad boy australien a montré un autre visage. Celui d’un joueur concentré, à l’aise sur une surface en dur où son énorme service s’est exprimé à merveille et malgré tout en phase avec le public américain. Alors, comment a-t-il fait pour se surpasser et faire taire, en quelque sorte, les critiques ?

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Toujours croire en soi, même dans les moments les plus durs

La clé de la réussite de Kyrgios est peut-être la suivante : il a toujours cru en lui, et même dans les moments les plus difficiles lors de ces derniers mois, son entourage a cru en lui à sa place quand il avait des coups de mou. « J’ai des gens derrière moi qui me soutiennent et ils ne perdent jamais confiance en moi, même lorsque j’ai moi-même perdu confiance en moi. Cette semaine signifie beaucoup. C’est génial d’obtenir la victoire, mais j’ai prouvé à moi-même et aux personnes qui m’aident que je pouvais toujours produire du tennis au plus haut niveau », a-t-il déclaré lors de la remise du trophée ce dimanche à Washington. Pourtant, il faut remonter plus loin, à sa plus tendre enfance, pour comprendre où il peut aller puiser cette force et cette confiance. Après sa victoire en demi-finales face à la tête de série n°1 du Citi Open, le Grec Stefanos Tsitsipas (n°6) en trois sets 6-4, 3-6, 7-6 (7) en sauvant au passage une balle de match, il s’était confié sur son enfance. « En grandissant, j’étais un enfant très en surpoids », a-t-il ainsi raconté. « Les entraîneurs, les enseignants m’ont dit que je n’allais pas être très bon dans ce que j’avais choisi de faire, le tennis. Et je pense que les gens peuvent comprendre que je ne peux rien y faire et je sens que je prouve que beaucoup de gens ont tort. J’ai battu l’un des meilleurs joueurs de tennis au monde et je l’ai fait à ma façon. Je ne vais jamais m’arrêter de le faire. Je pense que les gens peuvent s’inspirer de cela. N’écoutez pas les gens, mais croyez en vous-même, et c’est tout ce qui compte. » Kyrgios a donc cru en lui tout au long de la semaine, au point de sauver une balle de match en demies et de surmonter des problèmes de dos en finale face au Russe Daniil Medvedev (n°10) pour s’imposer en deux sets 7-6 (6), 7-6 (4). Et même s’il subsiste quelques facéties, comme le fait de demander où il doit servir à un spectateur sur balle de match, ou encore ces tweeners ou ce service à la cuillère sortis de nulle part, il semble que l’Australien a quelque peu fait taire son « côté obscur » pendant cette semaine américaine.

Faire taire ce « côté obscur » qui l’a trop souvent desservi sur un court

Ce que l’on appelle ici son « côté obscur », Nick Kyrgios l’a balayé comme un ace au T. Des aces, il en a d’ailleurs servi 110 sur l’ensemble du tournoi, dont 19 en demi-finales et 18 ce dimanche en finale. « Je suis assez fier d’avoir réussi à surmonter mon côté obscur. Je suis assez fier de la manière dont j’ai puisé au fond de moi-même pour revenir », avait-il déclaré après sa victoire en demies. « J’ai toujours été capable de jouer un tennis de haut niveau. J’ai juste besoin d’être plus régulier. Je dois être plus solide mentalement. » Plus que jamais concentré, le fait d’être proche du public et de se sentir bien dans ce tournoi de Washington l’a certainement aidé. Il a visiblement été très bien accueilli et s’est lié d’amitié avec plusieurs membres de l’organisation du tournoi. « C’est l’une des meilleures semaines de ma vie, du point de vue du tennis. J’ai l’impression d’avoir grandi en tant que personne et que je m’améliore de jour en jour », a-t-il ajouté lors de la remise des prix. Bilan, il a remporté son sixième titre sur le circuit ATP, son deuxième de la saison et son deuxième en ATP 500 après Acapulco en février dernier. Par ailleurs, sur six rencontres face à des joueurs du Top 10 en 2019, il compte cinq victoires… De quoi en conclure qu’il peut jouer un tennis de très haut niveau, surtout quand il rencontre les meilleurs. À lui désormais d’être capable de reproduire ce genre de performance de semaine en semaine, à commencer par le Masters 1000 de Toronto qui débute ce lundi et où il affrontera le Britannique Kyle Edmund (n°33) au premier tour (avant de peut-être retrouver Medvedev au tour suivant !).

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Et après ?

L’Australien a effectué une belle remontée au classement ATP ce lundi, étant maintenant classé 27ème joueur mondial. Cette place lui assure d’être tête de série pour le prochain US Open, qui débutera le 26 août prochain. Pourtant, il ne semble pas s’occuper du classement, comme il l’a expliqué en déclarant : « À la fin de la journée, je me fiche complètement du classement. Je veux juste grandir en tant que personne, en tant qu’humain, et si cela se produit, le joueur de tennis le sera avec. C’est tout ce que je peux faire – juste de petites habitudes chaque jour et essayer de m’améliorer. » Malgré tout, cela devrait lui permettre d’avoir un meilleur tirage au sort et de continuer à prouver à ses détracteurs qu’il pourrait devenir, s’il parvient à continuer à faire taire son « côté obscur », un des joueurs les plus dangereux du circuit.

Crédit photos : @TennisAtlantic

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