Interviews

Rencontre avec… Alexandre Muller

Vous l’avez peut-être suivi lors du dernier Roland-Garros. À 22 ans, le Sudiste Alexandre Muller (n°288) s’était qualifié pour la première fois pour le tableau principal du Grand Chelem parisien, au terme de trois matches intenses. Nous avions eu la chance de le voir lors de son dernier tour, quand il avait battu Viktor Troicki en deux sets 6-3, 6-4. Depuis, il est retourné dans l’anonymat du circuit Challenger, ce qui ne nous a pas empêché de partir à sa rencontre. Pour notre plus grand bonheur, car cette rencontre va vous permettre de découvrir un jeune joueur qui a la tête sur les épaules et qui est encore trop méconnu du grand public !

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Bonjour Alexandre, pouvez-vous commencer par vous présenter pour nos lecteurs, nous dire d’où vous venez et à quel âge vous avez commencé le tennis ?

Bonjour, alors je m’appelle Alexandre Muller et j’ai 22ans. J’habite à Meyrargues, un petit village à côté d’Aix en Provence, et j’ai commencé le tennis à l’âge de sept ans .

Avez-vous un entraîneur qui vous suit sur les tournois ? Dans le cas contraire, trouvez-vous facilement des partenaires d’entraînement lors des tournois auxquels vous participez ?

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Je m’entraîne avec la fédération au CNE, j’ai deux entraîneurs : Jérôme Pottier et Augustin Gensse. Cette année, j’ai été accompagné environ 70% ou 80% du temps. Quand je suis seul, il n’est vraiment pas difficile de trouver des joueurs pour s’entraîner, à part si pas de chance. Il y aura toujours un joueur à la recherche d’un partenaire pour s’entraîner sur le lieu du tournoi.

Que pouvez-vous nous dire à propos de votre jeu ? Quels sont vos points forts, vos coups préférés ? Et vos points faibles, ceux sur lesquels vous travaillez en ce moment ?

Mon jeu est basé sur une solidité du fond de court, dans un premier temps, pour ensuite essayer d’agresser et venir finir les points au filets. Mon point fort est mon revers, et les coups sur lesquels je dois encore travailler sont le service et frapper plus fort dans l’ensemble.

Cette année, vous êtes parvenus à vous extirper des qualifications de Roland-Garros pour la première fois de votre jeune carrière. Parlez-nous un peu de vos trois matches pour y parvenir, et surtout des sensations que cela vous a procuré.

 

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Cette semaine a été vraiment top, j’ai fait trois bons matches en qualifs avec deux gros combats sur les deux premiers tours, en sauvant une balle de match au premier et au deuxième tour, ce qui rendait les victoires encore plus belles. Le sentiment qui ressort en se qualifiant à Roland-Garros, je dirais qu’il y a forcément beaucoup de joie mais également de la fierté, c’est vraiment pas simple. Il faut gagner trois bons matches contre de bons joueurs, donc ça donne confiance en soi pour la suite de la saison.

Nous étions justement présents dans les tribunes du Court 14 quand vous vous êtes qualifiés, et nous avons pu remarquer que vous étiez soutenus, notamment par Thierry Champion, Directeur du haut niveau à la FFT. Avez-vous senti ce soutien sur le terrain, et cela vous a-t-il aidé à donner le meilleur de vous-même ?

Oui, beaucoup de monde était là, dont Thierry champion qui vient nous voir jouer pendant Roland-Garros. Ça fait plaisir de se sentir soutenu et forcément, on ne peut que donner le meilleur de nous-même sur le court.

Malgré votre défaite au premier tour dans le tableau principal (en trois sets face à Roberto Carballes Baena), on imagine que cette expérience a été unique pour vous. Quel bilan tirez-vous de cette première apparition dans un tournoi du Grand Chelem ?

Alors, c’est pas ma première apparition, j’avais eu une wild card dans le tableau principal en 2017, j’avais perdu en cinq sets contre Thiago Monteiro. Le bilan de cette semaine est très positif, mais on voit le travail qu’il reste à faire pour réussir à battre des joueurs comme Carballes Baena.

Depuis Roland-Garros, vous avez retrouvé le circuit Challenger, avec exclusivement des tournois sur terre battue. En quoi cette expérience en Grand Chelem vous aide-t-elle au quotidien pour aborder les matches ?

Cette semaine m’a surtout fait prendre confiance en moi, me dire que j’avais le niveau pour battre plusieurs bons joueurs sur une semaine et du coup pouvoir gagner un Challenger.

D7AaeSYX4AEG_eQVous n’avez encore jamais remporté de titre sur le circuit Challenger, que vous manque-t-il, selon vous ? Un peu de réussite ? On sait que les tableaux sont denses et qu’il n’est pas facile de tirer son épingle du jeu…

Je ne pense pas que la réussite rentre en compte pour remporter un Challenger. Selon moi, il me manque encore de la constance sur mon niveau de jeu, être capable de reproduire cinq matches de qualité pour allez jusqu’au bout.

En revanche, votre classement a bien progressé grâce à votre parcours Porte d’Auteuil. Vous avez même atteint votre meilleur rang à l’ATP, une 287ème place mondiale. Accordez-vous une réelle importance à ce classement, et vous fixez-vous des limites, ou même des objectifs chiffrés à atteindre ?

Tous les joueurs sont différents, certains ne regardent pas du tout le classement. Moi j’aime ça, ça me motive. Je ne me mets pas de limite de classement, par contre des objectifs oui : avoir le classement pour les qualifications des tournois du Grand Chelem, à court terme.

Est-ce que le fait de monter au classement vous permet d’avoir des meilleurs tirages au sort dans les tournois ou n’avez-vous ressenti aucune différence ?

Non, ça ne change rien à part le fait d’être tête de série ou non.

Nous savons qu’il n’est pas toujours facile d’être un joueur professionnel financièrement, surtout quand on ne fait pas partie du Top 100. Parvenez-vous à joindre les deux bouts ou l’aspect financier est-il un problème pour vous au quotidien ?

Dd5U1FtVQAEKd4BJ’ai la chance de m’entraîner au CNE et d’avoir bien joué à Roland-Garros cette année. Donc pour le moment non, l’aspect financier n’est pas un problème majeur. Forcément à mon classement on ne gagne pas énormément d’argent, mais ça suffit pour pouvoir payer sa saison.

Pour finir, pouvez-vous nous donner votre programme jusqu’à la fin de l’été ? Allez-vous enchaîner les tournois en Challenger, et si oui lesquels ?

Oui, je vais enchaîner les tournois Challengers tout au long de l’été. Je vais partir sur un Challenger à Prague la semaine prochaine et peut-être Liberec la semaine suivante. Pour la suite, je ne sais pas encore.

Merci Alexandre d’avoir accepté de répondre à nos questions, nous vous souhaitons le meilleur pour le reste de la saison !

Propos recueillis par Yannick Giammona pour « Jeu, Set Et Match »
Crédit photos : @FFTennis

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