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Alizé Lim partage son expérience pour le compte « Behind The Racquet »

Il y a quelques mois de cela, nous vous présentions le compte Instagram « Behind The Racquet », à l’initiative du joueur américain Noah Rubin. Le but de ce compte est de permettre à des joueuses et joueurs de tennis de s’exprimer sur leur quotidien et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer, loin du strass et des paillettes des top players. Ce mercredi, c’est Alizé Lim qui s’est prêté au jeu, en étant la première française à apparaître sur ce compte.

Alizé Lim


Comme nous tous, les joueurs de tennis sont des êtres humains. Ils ressentent et souffrent exactement de la même manière que tout un chacun. Ils ont des mauvais jours et des bons jours. Comme tous nos voisins, ils ont des problèmes personnels, ce qui affecte parfois leur travail. Dans un sport aussi solitaire que le tennis, le fait d’avoir une famille qui vous soutient et une équipe professionnelle qui vous entoure peut faire la différence. Parfois, un joueur est jugé uniquement par ses résultats, sans savoir tout ce qu’il se passe dans sa vie privée. Ainsi, la Française Alizé Lim (n°408) a raconté son expérience désastreuse à ce jour dans le monde du tennis sur le compte Instagram « Behind the Racquet », où elle explique qu’elle n’a pas été en mesure de trouver un entraîneur avec qui elle se sent à l’aise de s’entraîner, ce qui l’a fait se sentir bien seule au quotidien.

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Vu de l’extérieur, il semble que la relation entraîneur-joueur de tennis soit très simple, mais ce n’est pas du tout comme ça. Il est essentiel que le joueur de tennis se sente à l’aise avec son entraîneur, car il passera près de 24 heures par jour avec lui, voyageant semaine après semaine sur le circuit. Si vous ne sentez pas de lien privilégié avec cette personne ou si la relation ne fonctionne pas, les résultats obtenus sur le circuit seront les suivants : aussi mauvais que s’il n’y avait personne assis dans votre box. Parce que seul, justement, c’est ainsi que Alizé Lim a commencé sur le circuit, n’ayant pas d’argent pour payer un entraîneur à ses débuts. C’est son histoire, qui donne beaucoup à réfléchir à la façon dont nous voyons le tennis de l’extérieur.

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"I started playing professionally in the summer 2010, after finishing university and turning 20. I didn’t have any family member pushing me or traveling with me, this was my own choice because I loved tennis so much. I finally had more time to train and travel and went up pretty fast to around 280 WTA. I thought ‘great this is going to go fast’. Two years later I was still in the exact same spot. I was traveling alone every week, struggling to improve as I had no one to watch my matches and tell me what to work on. The academy I trained at was charging 1500€ for one week of coach salary on tour, meaning 6k a month, plus expenses. There was no way I would ask my parents to pay that. My boyfriend at the time was top 30 ATP and told me those words I will never forget, ‘Alize, no one can make it alone, and if I’d been alone, I would still be playing National tournaments by now.’ He fought for me and found a sponsor so I could finally travel with the coach he thought was best for me. I was so happy and felt a big difference straightaway, broke the top 200 in just a few weeks, and finished the season around 150 WTA six months later, with only about ten weeks on tour with that coach. I decided to hire him full time when the new season in 2013 started, paying for a monthly salary. I thought this will go even faster now, but everything started going downhill. He had never traveled full time, was missing his family a lot, was clearly miserable on the tour and we had a really bad relationship off the court. I was feeling terrible and my results started getting worse. We split when I reached my highest ranking of 135 and got my first Wild Card for Roland Garros and had to play against Serena Williams on center court alone. It was my first main draw slam and I had no one in my box to look at. The two people I were confiding in at that time were the director of my academy, and my fitness coach, who were also helping Serena. I was literally looking at my opponent’s box during that match. We lost the sponsor, but luckily I started making more money so I could invest some into coaching. The academy found me another coach to try right after and I was super excited about it…”

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Ainsi, Alizé Lim a partagé son histoire avec les mots suivant : « J’ai commencé à jouer professionnellement à l’été 2010, après mes études universitaires et mes 20 ans. Aucun membre de ma famille ne m’a poussé ou a voyagé avec moi, c’était mon choix parce que j’aimais tellement le tennis. J’ai finalement eu plus de temps pour m’entraîner, j’ai voyagé et je suis montée assez rapidement autour de la 280ème place à la WTA. J’ai alors pensé ‘Chouette, ça va aller vite.’ Deux ans plus tard, j’en étais toujours au même point. Je voyageais seule chaque semaine, j’avais des difficultés à m’améliorer. Personne ne pouvait regarder mes matches et me dire sur quoi travailler. L’académie où je m’entraînais dépensait 1500 € pour une semaine de salaire d’un entraîneur sur le circuit, soit 6 000 par mois, plus les frais. Je ne pouvais absolument pas demander à mes parents de payer une telle somme. » Si elle était seule sur le circuit, la Tricolore avait à l’époque un petit ami joueur de tennis, c’est un secret pour personne, Jérémy Chardy. Qui a essayé de la conseiller et de l’aider, comme elle le dit par la suite : « Mon petit ami à l’époque figurait parmi les 30 meilleurs joueurs du monde à l’ATP et il m’a dit ces mots que je n’oublierai jamais : ‘Alizé, personne ne peut y arriver seul et si j’avais été seul, je participerais encore à des tournois nationaux.’ J’ai alors trouvé un sponsor pour que je puisse enfin voyager avec l’entraîneur qu’il pensait être le meilleur pour moi. J’étais si heureuse et j’ai tout de suite senti une grande différence, j’ai fait mon entrée dans le Top 200 en quelques semaines et terminé la saison autour de la 150ème place six mois plus tard, avec seulement dix semaines de tournée avec cet entraîneur. J’ai décidé de l’embaucher à temps plein lorsque la saison 2013 a commencé, en payant un salaire mensuel. Je pensais que cela irait encore plus vite désormais, mais tout a commencé à aller moins bien. » Que s’est-il alors passé pour que tout commence à dérailler pour la joueuse française ? Voici la fin de son histoire, aussi poignante que révélatrice des difficultés qu’une joueuse peut rencontrer. « Il n’avait jamais voyagé à temps plein, il manquait beaucoup à sa famille, il était clairement malheureux et nous avions une très mauvaise relation en dehors du court. Je me sentais très mal et mes résultats ont commencé à empirer. Nous nous sommes séparés lorsque j’ai atteint mon plus haut classement, n°135, et obtenu ma première wild card pour Roland-Garros et dû affronter Serena Williams sur le court central, seule. C’était mon premier tableau principal et je n’avais personne dans mon box à regarder. Les deux personnes à qui je me confiais à l’époque étaient le directeur de mon académie et mon préparateur physique, qui aidait également Serena. Je regardais littéralement le box de mon adversaire pendant ce match. Nous avons perdu le sponsor, mais heureusement, j’ai commencé à gagner plus d’argent pour pouvoir investir un peu dans le coaching. L’académie m’a trouvé un autre entraîneur à essayer juste après et j’étais super excitée à ce sujet… » Comme quoi, derrière le strass et les paillettes, il y a parfois des histoires qui méritent d’être connues.

Crédit photos : @TennisAuFeminin, @BehindTRacquet, @lequipe

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