Interviews

Rencontre avec… Mallaurie Noel

Mallaurie Noel, ce nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, cette joueuse française de 24 ans a beaucoup progressé en 2018. Raison pour laquelle nous avons souhaité partir à sa rencontre et vous la faire découvrir à travers une interview passionnante. Alors oui, vous allez nous dire qu’elle n’a pas remporté de titre et que son seul et unique ITF, elle l’a remporté en France en 2017. C’est bien vrai et pourtant, Mallaurie a atteint son meilleur classement en novembre dernier (n°589). Tout cela a été le fruit de ses efforts. La Tricolore a en effet décidé de jouer des tournois dotés au minimum de 25 000 $ pour gagner le plus de points possibles au classement WTA, afin d’avoir un bon classement et de ne pas subir la réforme qui entre en vigueur dès 2019 de plein fouet. Pleine d’abnégation, Mallaurie Noel a préféré disputer des qualifications, parfois à l’autre bout du monde (elle a récemment effectué une tournée en Inde alors que la plupart des joueuses sont en vacances). Partez avec nous à la découverte d’une joueuse ambitieuse, qui a la tête sur les épaules et des objectifs clairement définis !

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Bonjour Mallaurie, pouvez-vous nous dire d’où vous venez, quel a été votre parcours depuis vos débuts chez les jeunes jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai commencé le tennis à dix ans dans un petit club de Sautron (TC Sautron) avec mon premier entraîneur, Christian Getten. Je me suis entraînée avec lui pendant dix ans, ensuite j’ai changé de club et d’entraîneur. Je suis arrivée au TEY (Tennis Entente Yonnaise) et je me suis entraînée à la Ligue des Pays de Loire pendant un an en attendant de retrouver un entraîneur privé. Je me suis entraînée avec Pierre Garnier dans la région et maintenant me voici avec Nicolas Sabas, entraîneur de ligue depuis trois mois maintenant.

Avec qui vous entraînez-vous au quotidien, est-ce que votre coach vous suit sur les tournois ? On vous voit souvent avec Julie Gervais, est-ce une bonne amie ou une partenaire d’entraînement ?

J’ai un coach, oui, Nicolas Sabas depuis trois mois maintenant, et je m’entraîne tous les jours à la Ligue de Vertou. Il me suit sur quelques tournois en France mais c’est plutôt rare. Je suis souvent avec Julie Gervais car on s’entend bien mais ce n’est pas du tout une partenaire d’entraînement vu qu’elle habite dans le nord.

Vous évoluez sur le circuit ITF et vous tentez souvent de jouer des tournois plutôt côtés. Qu’est-ce qui guide ce choix ? Ne préféreriez-vous pas jouer des 15 000 $ et gagner plus de matchs que de devoir passer par les qualifications dans des 25 000 $, 60 000 $ voire des 100 000 $ ?

C6A2antWQAQyZgiJe vous avouerais que l’on vient de passer une année très compliquée dans la programmation des tournois et les choix de catégorie de tournois entre 15 000 $, 25 000 $ et autres. En effet, le nouveau système de classement en janvier 2019 m’a fait faire un choix cette année qui était plus de faire des qualifs de 25 000 $ pour pouvoir gagner des points WTA et rester dans le classement WTA en janvier prochain. J’en suis très contente car j’ai bien joué sur les 25 000 $ et cela m’a permis de franchir un palier et de jouer des joueuses plus fortes et d’élever mon niveau par la même occasion.

Ceci dit, vous rencontrez parfois le succès, avec notamment cette année une participation au 100 000 $ de Contrexeville ou encore un quart de finale au 25 000 $ de Cherboug-en-Cotentin en octobre dernier. Quelle expérience retirez-vous de ces bons résultats ?

Effectivement, j’ai très bien joué dans ces tournois et ce sont mes tournois références cette année. Je suis très contente d’avoir eu ces résultats mais surtout du niveau de jeu que j’ai produit, qui s’est répété sur plusieurs tournois et ça c’est le plus important.

Vous venez par ailleurs d’atteindre votre meilleur classement, une 589ème place mondiale. Accordez-vous une réelle importance au classement et souhaiteriez-vous aller encore plus loin ?

Je n’accorde pas trop d’importance au classement car je sens avoir encore une marge de progression, alors je continue à travailler et je donne mon maximum. Les résultats et le classement viendront ensuite.

Alors que beaucoup de joueuses sont en vacances ou en train de préparer la saison 2019, vous avez joué des tournois, en Inde (vous avez notamment joué les qualifications des tournois 25 000 $ de Solapur et Pune). Avez-vous prévu de prendre du repos avant de commencer la nouvelle année ?

21616490_1354990547903825_3188152740973238915_nC’est vrai que j’ai décidé de partir en Inde pour faire trois tournois alors que les autres sont en vacances. Je me sentais bien et je voulais profiter à fond de l’année 2018 car je n’avais aucun point à défendre, mais je me suis blessée là-bas et j’ai dû abandonner le troisième tournoi et prendre du repos forcé. Je vais me soigner pour revenir en janvier en pleine forme.

À 24 ans, vous avez remporté un tournoi sur le circuit ITF en 2017, à Macon (15 000 $). Pouvez-vous nous reparler un peu de cette victoire et de ce qui semble vous manquer aujourd’hui pour soulever un nouveau trophée ?

Oui, c’est un super souvenir que j’ai encore. J’avais vraiment bien joué durant cette semaine et j’avais un état d’esprit différent. Je pense que ce qui me manque aujourd’hui c’est la confiance en moi, j’ai du mal à réaliser mon niveau de jeu et à avoir confiance en mes capacités, ce qui peut me bloquer dans mes performances parfois. Forcément, j’ai encore énormément de choses à améliorer dans tous les autres domaines.

On sait que la vie d’une joueuse est difficile financièrement au-delà du Top 100. Comment faites-vous pour survivre ? N’est-ce pas parfois trop dur et n’avez-vous jamais ressenti l’envie de tout arrêter ?

22221919_1368598746543005_4372513215765987838_nOui, c’est assez compliqué parfois mais j’ai quand même beaucoup de sponsors qui m’aident tel que mon club, la ligue, le comité de Vendée, mon sponsor Artengo, l’association pro et je fais pas mal de CNGT qui me permettent de financer ma saison. Bien évidement, j’ai eu envie de tout arrêter plusieurs fois mais ça fait partie du sport d’avoir des haut et des bas. Le plus important c’est de se relever et je pense parfois qu’on ne mesure pas la chance qu’on a de vivre de sa passion aussi.

Vous évoquiez la marque Artengo, vous êtes en contrat avec cette marque, ce qui est assez rare dans le tennis féminin. Nous avons recensé que deux joueuses dans ce cas : vous et Julie Gervais. Pourquoi ce choix et comment travaillez-vous avec la marque ?

Oui, je suis en contrat avec Artengo depuis maintenant quatre ans et je suis super contente ! La marque se développe de plus en plus, je fais pas mal de pub pour eux et avec eux, notamment des shooting photos et vidéos, je teste aussi pas mal de produits pour les aider et leur donner mon ressenti pour la création des vêtements. Les produits sont vraiment de bonne qualité.

Pour finir, pouvez-vous nous donner votre programme pour les semaines à venir et pour le début de saison 2019 ? Quels vont être vos objectifs pour cette nouvelle saison ?

DJhM954XkAIgsuyJe vais prendre du repos pour les fêtes et refaire une préparation physique en janvier et dès que je serais prête, je repartirai sur les 25 000 $ essentiellement et 60 000 $ pour progresser encore au classement. Mon objectif est de gagner un 25 000 $ cette année et d’atteindre le Top 300 le plus rapidement possible.

Merci Mallaurie d’avoir accepté de répondre à nos questions, nous vous souhaitons le meilleur pour l’année 2019 !

Propos recueillis par Yannick Giammona pour « Jeu, Set Et Match »

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