Analyses

Yannick Noah prêt à mener Chardy, Tsonga, Herbert et Mahut vers une nouvelle victoire en Coupe Davis ?

À quelques minutes seulement du début de la finale de Coupe Davis entre la France et  la Croatie, nous revenons sur les choix du capitaine Yannick Noah, qui a dévoilé sa sélection dans la semaine et dont le tirage au sort a eu lieu ce jeudi à Lille. Pour la dernière rencontre sous l’ancien format imaginé par Dwight Davis il y a plus d’un siècle, le capitaine a-t-il fait les bons choix pour battre les Croates Marin Cilic et Borna Coric ? Le choix tactique d’aligner Jérémy Chardy et Jo-Wilfried Tsonga, laissant Lucas Pouille sur le banc, est-il judicieux ? Nous reviendrons également sur le petit débat présent autour de l’installation du court en terre battue dans l’enceinte du Stade Pierre-Mauroy, qui n’a pu être installé que sur le tard à cause d’un match de rugby joué samedi dernier à Lille.

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Jérémy Chardy et Jo-Wilfried Tsonga sélectionnés, Lucas Pouille sur le banc

Ce vendredi, lors du tirage au sort effectué au Stade Pierre-Mauroy de Lille, Yannick Noah a réservé une petite surprise aux fans de l’équipe de France. En effet, il a préféré aligner Jérémy Chardy (n°40) et Jo-Wilfried Tsonga (n°259) en simple, laissant son meilleur élément, Lucas Pouille (n°32), sur le banc. L’aisance du Palois sur terre battue indoor, choisie par les Bleus pour cette finale, avait déjà poussé le capitaine à faire appel à lui. Cette facilité et sa belle séquence d’entraînements depuis le début du stage dans le Nord ont propulsé Chardy au rang de titulaire à la place de Pouille. En conférence de presse, Yannick Noah est revenu sur ce choix de ne pas aligner le Nordiste, déclarant : « Il y a tellement de choses qui peuvent être dites après la rencontre. Il y a une dynamique, il y a un choix, celui-là a été très compliqué, subtil. La force de notre équipe c’est d’avoir la possibilité de jouer avec trois joueurs de simple. La première question c’était de savoir qui me semblait prêt vendredi. Le meilleur pour l’équipe était de commencer avec eux (Jérémy Chardy et Jo-Wilfried Tsonga). Je les ai choisis tout en sachant que Lucas est prêt à rentrer sur le court à tout moment. On joue quasiment tous les tours avec des équipes différentes : c’est ça notre force. Cette faculté pour des joueurs de rentrer au dernier moment, d’assurer et de performer. » L’option de voir jouer Pouille ce week-end reste donc ouverte. Comme le disait Cédric Pioline mercredi soir : « On a une équipe à cinq. Il y a une chance de le remettre le dimanche. » En tout cas, ce qui est sûr, c’est que Lucas Pouille se tient prêt s’il doit rentrer sur le court dimanche. Comme il l’a expliqué : « Je vais me tenir prêt pour éventuellement jouer dimanche et on verra. Le week-end est long, on sait qu’il peut se passer plein de choses. À moi de me tenir prêt. J’ai une finale dimanche à jouer et je me prépare pour ma finale de dimanche. C’est tout simple. Je vais juste faire comme si j’avais un match à 14 heures ou 16 heures dimanche et on verra si je dois la jouer ou pas. »

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L’autre petite surprise, c’est de voir Jo-Wilfried Tsonga, blessé une majeure partie de la saison, participer à cette finale. Mais Yannick Noah a assuré lui faire pleinement confiance et il a même été rassuré par les séquences d’entraînement effectuées lors du stage de préparation. Comme il l’a déclaré : « Je le vois jouer tous les jours. Oui, il y a des joueurs qui ont très bien joué en janvier, février mais là on est dans le présent. Ce stage, c’est se projeter sur ce week-end. Dans la mesure où personne n’est sorti du lot au niveau des résultats, l’idée c’était de se retrouver et de se servir de notre énergie de groupe pour que tous les joueurs se sentent motivés quel que soit leur parcours. Jo m’a vraiment surpris. Pour lui, revenir, reprendre des points de repère, retrouver la vraie compétition et des entraînements dans un environnement propice, c’était le projet. » Pourtant, la balance penche nettement côté croate. Tsonga s’est incliné cinq fois sur sept lorsqu’il a joué contre Marin Cilic (n°7). Le Manceau, aujourd’hui 259ème mondial et qui n’a gagné qu’une seule rencontre depuis le mois de février, est donc un gros pari. Mais le capitaine était obligé d’en faire vu la saison peu étincelante des Français. Cette sélection prouve qu’il est persuadé que l’ancien finaliste de l’Australian Open peut encaisser un match sur terre au meilleur des cinq sets.

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Quant au n°1 Croate Marin Cilic (n°7), il a été surpris de voir Chardy aligné en simple. Apparemment, les Croates s’attendaient plus à voir les deux joueurs de simple qui avaient déjà joué en finale en 2017, c’est-à-dire Pouille et Tsonga. Comme il l’a déclaré à la presse : « Je suis un peu surpris que Jérémy (Chardy) joue. Je m’attendais à Lucas (Pouille) et Jo (Tsonga). Ils auront la possibilité de changer dimanche en faisant probablement entrer Lucas à la place de Jérémy. La préparation sur terre battue s’est très bien passée. »

Pierre-Hugues Herbert et Nicolas Mahut, la force du double

En double, et contrairement à l’an passé où le choix d’aligner Pierre-Hugues Herbert et Richard Gasquet avait fait couler beaucoup d’encre, Noah a fait dans du classique. Herbert et son compère sur le circuit, Nicolas Mahut, défendront les chances bleues. Une petite revanche pour le second, écarté de la finale 2017 au dernier moment. Il vivra ce moment unique pour la dernière de la formule actuelle. Ce sera normalement face à Mate Pavic et Ivan DodigMahut a par ailleurs déclaré en conférence de presse ce mardi: « La défaite en finale du Masters est beaucoup plus facile à gérer que je ne le pensais. Si ça avait été le dernier match de l’année, il y aurait eu quelques jours difficiles. Là, l’objectif est tellement plus grand. Il va juste falloir trouver le bon dosage aux entraînements. J’ai bon espoir que le passage sur terre battue se fasse bien. La seule règle, c’est de se donner à 100 % aux entraînements. On n’a pas rejoué de tournois sur terre depuis Roland, mais on peut se baser sur la confiance accumulée au Masters. Est-ce qu’on va être aligné ensemble avec Pierre Hugues ? J’ai toujours pensé que l’équipe de double était une équipe dans l’équipe. On a plus de chance de bien jouer quand on passe du temps ensemble. Depuis Bercy, ça fait deux semaines qu’on ne s’est pas lâché avec Pierre-Hugues. Les meilleurs matches que j’ai faits en Coupe Davis, c’est quand j’ai pu me préparer. C’est la dernière. Il n’y aura plus jamais de finale de Coupe Davis. C’est ma dernière chance. Ça fait trente ans que je l’attends. Il va falloir gérer émotionnellement cette excitation. » Nous n’attendons que ça et faisons pleine confiance à cette paire de double qui a l’habitude de jouer ensemble.

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La terre battue, choix judicieux pour gêner les Croates ?

Le sujet qui fait également parler sur cette finale de Coupe Davis, c’est le choix de la surface par les Français. Est-il judicieux d’avoir choisi la terre battue quand on connaît les résultats de nos Bleus sur cette surface ? Ce choix a bien sûr était fait pour contrer la puissance des Croates, mais cela ne semble pas les inquiéter. Mate Pavic, qui devrait être aligner samedi en double, a tout de même fait finale cette année à Roland-Garros. Comme il l’a expliqué à la presse : « Je ne sais pas pourquoi ils ont choisi la terre. Ils auraient pu s’adapter sur n’importe quelle surface. Moi aussi j’ai joué la finale à Roland cette année. Je ne vois pas pourquoi ça serait un gros avantage pour eux. » Par ailleurs, celui qui devrait être son partenaire, Ivan Dodig, a ajouté : « Je crois que sur terre, c’est un tennis différent de celui sur dur. Il y a plus d’options, vous pouvez parfois jouer un peu plus depuis votre ligne de fond de court, il y a plus de rallyes. C’est toujours plus compliqué de s’adapter, tactiquement aussi, selon les types d’adversaires. Ça demande sans doute plus de travail pour préparer un match sur terre que sur dur. » Le temps, les Croates en ont eu pour se préparer, même si Marin Cilic et Borna Coric étaient encore à Londres la semaine dernière pour les ATP Finals, tout comme Pavic qui y a participé en double avec son partenaire autrichien Oliver Marach. L’installation de ce court en terre battue a par ailleurs fait parler, le capitaine croate Zeljko Krajan déplorant le fait de ne pouvoir avoir accès au court du Stade Pierre-Mauroy plus tôt (il n’a été installé qu’en début de semaine car il y avait un match de rugby samedi dernier). Comme il l’a déclaré : « Les terrains sont très bons ici (au centre de Ligue des Hauts-de-France), les conditions aussi, tout est fait pour être au niveau d’une finale. Après, bien sûr, cela aurait été mieux d’avoir un jour de plus pour s’adapter au stade, au terrain à Lille, mais on ne peut rien faire de plus aujourd’hui. C’est la décision de l’ITF et de la Fédération Française. Plus de jours on aurait eu, mieux cela aurait été, mais on ne se plaint pas, on ne peut rien y changer désormais, si ce n’est s’adapter à la situation. J’espère simplement que les terrains seront similaires là-bas à ceux sur lesquels on s’entraîne ici, en termes de rendu de la surface et de rapidité. Sur terre, ce n’est jamais facile de reproduire exactement le même terrain. Le bruit, les alentours du terrain, vu la taille du stade, seront aussi forcément différents d’ici, où on s’entraîne sur des petits courts. Là, les Français ont sûrement un avantage. Ils connaissent ce stade, l’ambiance, le bruit, c’est un avantage pour eux, c’est sûr. » De son côté, Cédric Pioline s’est voulu rassurant après les débuts des Français sur ce court en milieu de semaine : « Le court est vraiment bien. Il faut se dire qu’il y a 48h, il n’y avait pas de court ici parce qu’il y a eu un match de rugby. Bien sûr qu’il y a des petites choses qu’il faut corriger et améliorer pour les jours à venir mais les équipes ont fait un travail formidable. La bosse ? Elle va être corrigée. Il faut que le terrain se fasse, il faut que les joueurs jouent dessus, le remuent, le tassent. » Enfin, Marin Cilic y est aussi allé de son petit commentaire ce mercredi après avoir foulé le court du Stade Pierre-Mauroy pour la première fois : « On a commencé hier (mercredi)dans le stade. La température est différente entre les tribunes et le court, c’est un peu bizarre, un peu différent de ce à quoi on est habitué. La France a un petit avantage avec ça. Mais on sera prêts. Le court est très bon, peut-être un des meilleurs, en particulier en indoors. En revanche, la lumière n’était pas bonne du tout. C’était difficile de bien voir les bords du court. »

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Un parfum particulier pour cette dernière de la Coupe Davis

Forcément, cette finale de la Coupe Davis aura un parfum particulier. Cela va être la dernière rencontre sous l’ancien format de la compétition, avant la réforme prévue en 2019 par l’ITF et le groupe Kosmos. Les joueurs comme les dirigeants et le public vivront cet événement avec une certaine émotion. Sans aucun doute, l’ambiance sera au rendez-vous et on fêtera cette compétition centenaire jusqu’au bout. Avec une victoire française au bout ? C’est ce que tout le monde espère dans l’hexagone, parce qu’elle serait encore plus belle que celle de l’année dernière. Ce serait la première fois que la France réalise le doublé, et puis ce serait offrir une belle sortie à Yannick Noah, qui fera sa dernière apparition sur le banc tricolore. Et même si elle ne bénéficie pas des faveurs des pronostics, l’équipe de France espère offrir ce quatrième Saladier d’Argent à Yannick Noah (après 1991, 1996 et 2017), pour sa dernière campagne en tant que capitaine. « On va essayer de faire de ce moment un moment unique. On va être à fond. Je rêve de gagner cette dernière », a assuré le vainqueur de Roland-Garros 1983, cette semaine au micro d’Europe 1.

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Crédit photos : @FFTennis

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