Analyses

Wimbledon – Zverev, Cilic, Halep, Muguruza et consorts éliminés : le gazon est-il maudit ?

Ce Wimbledon 2018 ne manque pas de surprises, surtout dans le tableau féminin. En effet, lors de la première semaine, ce n’est pas moins de neuf des dix premières têtes de série qui ont été éliminées ! Le tableau masculin a également eu son lot de surprises, avec notamment les éliminations précoces des n°3 et n°5 mondiaux. Ce qui nous amène à nous poser une question : le gazon du All England Club est-il maudit pour certaines joueuses et certains joueurs ? Pourtant, dans cette hécatombe, n’y a-t-il pas des joueuses et joueurs spécialistes de la surface ou ayant déjà soulevé le trophée du Grand Chelem londonien ? Nous essayons de vous apporter, en ce dimanche de repos au SW19, quelques éléments de réponse.


Première semaine : des surprises à foison

Pour commencer, faisons un retour en arrière sur cette première semaine de compétition à Londres. En trois petits tours, neuf des dix premières têtes de série féminines se sont fait sortir du tournoi. Du jamais vu. Elina Svitolina (n°5) a été la première tête coupée, battue d’entrée par Tatjana Maria (7-6 (3), 4-6, 6-1, puis ce fut au tour de Sloane Stephens (n°4), surprise par Donna Vekic (6-1, 6-3). La Française Caroline Garcia (n°6) n’a pas fait long feu elle non plus, battue par Belinda Bencic (7-6 (2), 6-3), alors que Petra Kvitova (n°8), donnée grande favorite, a perdu au premier tour contre Aliaksandra Sasnovich (6-4, 4-6, 6-0) ! Au deuxième tour, ce fut la tenant du titre Garbiñe Muguruza (n°3) qui prenait la porte, éliminée par Alison Van Uytvanck (5-7, 6-2, 6-1), alors que Caroline Wozniacki (n°2) se laissait surprendre par Ekaterina Makarova (6-4, 1-6, 7-5). Et ce n’était pas fini ! Simona Halep (n°1) allait chuter au troisième tour face à Su-Wei Hsieh (3-6, 6-4, 7-5) et Venus Williams perdait contre Kiki Bertens (6-2, 6-7 (5), 8-6). Madison Keys (n°10) était aussi éliminée par Evgeniya Rodina (7-5, 5-7, 6-4). En somme, ce samedi soir, il ne restait que Karolina Pliskova (n°7) comme seule survivante du Top 10. Et si on veut aller plus loin, on s’aperçoit que 25 des 32 têtes de série ont disparu, dont notamment Maria Sharapova, Élise Mertens et Naomi Osaka.

Et chez les hommes ? Ce n’est pas beaucoup mieux, puisque la moitié des dix premières têtes de série ont été sorties avant la deuxième semaine. Grigor Dimitrov (n°6) a été battu d’entrée par Stan Wawrinka (1-6, 7-6 (3), 7-6 (5), 6-4), alors que Dominic Thiem (n°7) abandonnait, blessé, contre Marcos Baghdatis (6-4, 7-5, 2-0). David Goffin (n°10) était également sorti dès le premier tour par Matthew Ebden (6-4, 6-3, 6-4). Au deuxième tour, c’était Marin Cilic (n°3) qui se laissait surprendre en deux jours par Guido Pella après avoir pourtant mené deux sets à zéro (3-6, 1-6, 6-4, 7-6 (3), 7-5) et enfin, Alexander Zverev (n°4) a été battu au troisième tour ce samedi par Ernests Gulbis (7-6 (2), 4-6, 5-7, 6-3, 6-0). Mais alors, comment expliquer qu’autant de favoris soient tombés en six jours au All England Club ?

Un cas loin d’être à part sur une surface qui favorise les surprises

Dhafn_WW4AAxvFeCe qu’il faut d’abord savoir, c’est que ce type d’hécatombe n’est pas un cas isolé à Wimbledon. Souvenez-vous, il y a cinq ans en 2013, année de la victoire de la Française Marion Bartoli, la moitié des dix premières têtes de série avaient été éliminées avant le troisième tour (six chez les hommes et quatre chez les dames). En 1996, à Wimbledon déjà, le même type de surprises avait eu lieu. Même chose en 2008, où la moitié du Top 10 avait été sortie en première semaine (six chez les messieurs, et les quatre premières têtes de série chez les dames). Statistiquement, Wimbledon est donc le tournoi du Grand Chelem où il y a le plus de surprises, et une des principales causes en est sa surface, le gazon.

DhMZKgNVMAAxSxKL’élégant tapis vert est une surface très spécifique, où la puissance des joueurs s’exprime moins et où l’endurance physique est moins importante, avec des échanges plus courts. Les qualités techniques nécessaires au jeu sur gazon sont également différentes. Le jeu de jambes doit s’adapter à un rebond bas et à une balle qui fuse, et le centre de gravité des joueurs doit donc être plus bas avec des appuis plus précis. Pourtant, le rebond est plus haut qu’avant, mais il reste quelques spécialistes qui s’expriment sur cette surface, comme Matthew Ebden, tombeur de David Goffin au premier tour.

Dhbb7SBWsAAhBCSMalgré tout, le gazon reste une surface qui avantage les gros serveurs car la tâche du relanceur n’est pas facilitée par ce rebond bas et cette balle qui fuse. Les petites erreurs peuvent être fatales et peuvent vite faire perdre un set, comme on l’a vu lors du match de Gaël Monfils face à Sam Querrey, quand le premier set s’est joué sur quelques erreurs du Tricolore sur son service. Très souvent, il faut aller au jeu décisif pour départager les deux protagonistes. Les hommes restent cependant davantage protégés par le format des cinq sets alors que chez les femmes, le format en trois sets contribue à générer plus de surprises. Par ailleurs, le gazon est différent d’un tournoi à l’autre, et même d’un court à l’autre au sein d’un même tournoi. Lors de cette édition de Wimbledon 2018, toutes celles et ceux qui ont remporté un tournoi de préparation ont déjà été éliminés, à part… Roger Federer ! Borna Coric, le vainqueur du tournoi ATP 500 de Halle face au maître, a même déclaré après sa défaite d’entrée à Londres qu’il avait eu l’impression de jouer sur deux surfaces différentes.

DhgcUUVWAAASIbZAvec peu de tournois de préparation et un enchaînement direct après Roland-Garros, beaucoup de joueurs arrivent par ailleurs pas assez préparés à Wimbledon. Il n’y a qu’à regarder les deux vainqueurs Porte d’Auteuil, qui n’ont disputé aucun tournoi avant d’arriver au All England Club. Rafael Nadal a l’air de mieux s’adapter que Simona Halep, visiblement fatiguée et qui s’est faite sortir dès le troisième tour. Conséquence de cette courte durée de la saison sur gazon, certains joueurs dits spécialistes se mettent la pression et vont droit dans le mur. Enfin, dernière raison que l’on pourrait donner, c’est que le niveau est de plus en plus dense. C’est valable partout, dans tous les tournois et à tous les niveaux. Pour le Français Gilles Simon, qui s’est qualifié pour les huitièmes de finale sans être tête de série, c’est même la principale raison au nombre élevé de surprises. Comme il l’a déclaré : « Je crois juste qu’il y a de plus en plus de surprises tout court. Le niveau est beaucoup plus dense, il y a beaucoup de matches très accrochés. On a vu certaines affiches du premier tour qui auraient pu être des huitièmes voire des quarts en Grand Chelem avant. Quand des têtes de série sont éliminées, ça donne l’impression que le tableau s’ouvre mais en réalité, en termes de niveau de jeu, ça ne s’ouvre pas vraiment. » Alors, êtes-vous prêts à voir d’autres surprises en deuxième semaine, à commencer par les huitièmes de finale qui se disputeront ce lundi à Wimbledon ?

Crédit photos : @Wimbledon, @courrierdusport, @AusTennisTalks, @wesportfr, @WeAreTennisFR

 

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