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Roland-Garros – Rafael Nadal, sauvé par la pluie ?

Mercredi soir, nous avons beaucoup parlé de la pluie  après l’interruption des deux quarts de finale prévus au programme et qui n’ont pu aller à leur terme. Après la victoire du n°1 mondial Rafael Nadal ce jeudi face à l’Argentin Diego Schwartzman lors de leur retour sur le Court Philippe Chatrier, nous en venons à nous demander s’il n’a pas été sauvé par la pluie. Un peu comme en finale du Masters 1000 de Rome contre Alexander Zverev, le ciel semble être venu au secours du Majorquin. Attention, nous n’avons rien contre lui et sommes heureux de le voir pour la onzième fois en finale de « son » tournoi du Grand Chelem. Nous irions même jusqu’à dire que sa légende et son palmarès forcent toujours le respect. Et on sait très bien que même si l’Argentin menait d’un set et un break, la route était encore très longue jusqu’à la victoire… Mais quand même, on ne peut pas s’empêcher de se poser la question et d’y apporter notre petite réflexion. Alors que vous le vouliez ou non, voici notre analyse sur la gestion des conditions météorologiques par Rafael Nadal, qui sait à coup sûr en tirer profit.

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La météo au secours du décuple champion de Roland-Garros ?

C’est la première chose à laquelle nous avons pensé mercredi quand la pluie a forcé les deux joueurs à stopper leur rencontre. Souvenez-vous : En début de partie, Diego Schwartzman (n°12) était bien rentré dedans et jouait sa chance à fond. Il prenait des risques et cela s’avérait payant. De l’autre côté du filet, Rafael Nadal (n°1) n’était pas à son meilleur, un peu stressé comme il l’avouera plus tard en conférence de presse. Résultat, l’Argentin prenait la première manche (6-4) et faisait même le break en début de deuxième set. Là, une première interruption due à la pluie est intervenue. Au retour des vestiaires, on voyait déjà une différence dans l’attitude de Nadal : plus conquérant et surtout plus offensif. Il parvenait à refaire son break de retard et à prendre ensuite l’avantage, menant 5-3 dans cette deuxième manche quand le match a été interrompue pour la deuxième fois. Les deux joueurs n’allaient pas reprendre la partie, et tout le monde commençait à s’inquiéter du sort de Schwartzman. Allait-il être capable de rejouer aussi bien et de remettre Nadal dans le dur ?

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La réponse est venue très vite ce jeudi quand les joueurs ont repris leur bagarre aux alentours de midi. Les conditions atmosphériques avaient changé, et l’Espagnol était à nouveau conquérant et offensif, comme pendant les vingt dernières minutes de jeu mercredi soir. Ce qu’il faut savoir, c’est que Rafael Nadal déteste quand les conditions de jeu sont lourdes et quand le temps est humide dans le ciel de Paris. Les balles lourdes, son gros lift moins efficace, tous ces éléments ne vont pas dans son sens et cela l’agace. C’est aussi une des raisons pour lesquelles il n’était pas au mieux mercredi. Au contraire ce jeudi, les conditions étaient plus sèches, le soleil parvenant à percer dans le ciel. Du coup, le lift surpuissant de Nadal était beaucoup plus gênant pour un Schwartzman qui se montrait moins percutant que la veille. La messe était dite, le n°1 mondial remportant les trois sets très rapidement : 6-3, 6-2, 6-2. Si le ciel a bien sauvé le Majorquin, on se rappelle que ce n’est pas la première fois cette année…

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Il n’y a pas si longtemps, Rafael Nadal affrontait le n°3 mondial Alexander Zverev en finale du Masters 1000 de Rome. Nadal remportait facilement le premier set, avant que la machine ne s’enraye. Là aussi, les conditions étaient devenues lourdes et le temps humide au fil du match. L’Espagnol n’était pas au mieux et l’Allemand en profitait pour gagner le deuxième set et breaker en début de troisième manche. Comme à Roland-Garros, le match était interrompu dans le troisième set, et au retour des vestiaires Nadal se montrait intraitable pour reprendre son retard et battre un Zverev totalement frustré. Ce n’est donc pas la première fois que le ciel semble venir au secours du roi de la terre battue.

Rien ne dit pourtant que Diego Schwartzman aurait gagné

Nous sommes totalement d’accord avec cette affirmation. Certes, l’Argentin menait d’un set et un break. Mais ce break est arrivé relativement tôt dans le deuxième set, et on sait à quel point le n°1 mondial peut revenir à n’importe quel moment dans un match. Quand bien même, si Schwartzman avait mené deux sets à zéro, rien ne nous permet d’affirmer qu’il l’aurait tout de même emporté. Nadal est bien connu pour ne jamais rien lâcher, surtout Porte d’Auteuil. Il a déjà été mené deux manches à zéro (même si cela a été rare) et il est déjà parvenu à remonter ce handicap. Quand on joue face à Nadal, on sait que la route est très longue. Si la rencontre n’avait pas été interrompue par la pluie, il aurait tout aussi bien pu reprendre l’avantage et conclure sur le même score que ce jeudi. Voire pire. À l’inverse, l’Argentin aurait pu se mettre à trop réfléchir et à avoir peur de la victoire (un syndrome trop bien connu des joueurs amateurs dont nous faisons partie…).

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De plus, les statistiques jouent en faveur du Majorquin. Depuis son premier titre en 2005, il n’a perdu que deux matchs à Roland-Garros et il n’a jamais perdu une fois passé les quarts de finale. En 2009, lors de sa première défaite face à Robin Söderling, quand il était blessé au genou, la défaite était survenue en huitièmes de finale. En 2015, il perdait en quarts face à un très bon Novak Djokovic. Mais à chaque fois qu’il est arrivé en demies, le taureau de Manacor a toujours soulevé le trophée à la fin de la quinzaine. Cet élément n’a rien à voir avec l’interruption due à la pluie mais elle montre bien que si Nadal veut remporter un onzième titre Porte d’Auteuil, il était très méfiant et déterminé à passer ce quart de finale face à Schwartzman. Il n’aurait pas laissé tomber le match comme cela.

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C’est peut-être aussi pour cela qu’il était stressé, car comme il l’a dit en conférence de presse d’après-match ce jeudi : « Je suis un être humain, certains jours je suis plus stressé. Et je savais que c’était un adversaire difficile, j’avais déjà eu un match difficile contre lui à l’Open d’Australie. » Même l’Argentin était conscient qu’il y avait une différence entre le Nadal de mercredi et celui de jeudi. « Rafa était totalement différent hier. C’était hier le jour pour le battre. Aujourd’hui, c’était complètement différent, il était meilleur que moi. », a dit Schwartzman à son tour en conférence de presse.

Rafael Nadal, passé maître dans l’art de gérer les interruptions ?

Nous n’allons pas y revenir, mercredi il a plu et il n’y pas de toit à Roland-Garros, donc le jeu peut être arrêté. Ce que ces conditions nous ont appris, tout comme l’interruption survenue à Rome, c’est que l’Espagnol est certainement passé maître dans l’art de gérer ces interruptions. En effet, il a un rituel quand la météo l’oblige à retourner dans les vestiaires. Il prend une douche, comme pour s’éclaircir les idées et revenir tout frais sur le terrain. Pour lui, c’est un nouveau match qui commence au retour de l’interruption. S’il est mené, il est capable d’ajuster sa tactique et de trouver une façon d’être plus dedans, plus agressif et d’envoyer du lourd. Là dessus, c’est indéniable, Rafael Nadal est très fort (voire le meilleur). Quand l’interruption reporte le match au lendemain, il semble être encore meilleur, car comme on dit : la nuit porte conseil…

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Ce mercredi soir, il a dû avoir le temps de discuter de la première partie du match avec toute son équipe. Grâce à son entourage, il a su trouver les clés du match et aussi une certaine force mentale pour revenir en conquérant. L’Espagnol l’a lui-même reconnu en conférence de presse, l’interruption l’a aidé : « Oui, l’interruption m’a aidé. Je jouais trop défensif, j’étais plus stressé que d’habitude. Aujourd’hui j’ai réussi à jouer plus agressif, à mettre de l’intensité. Ça a été un grand changement. » Mais ce dont il ne parle pas car c’est un joueur humble, c’est de sa force mentale, qui lui a permis de ne plus se poser de questions une fois la rencontre recommencée. Il n’avait plus qu’un objectif en ligne de mire : étouffer Schwartzman, frapper avec plus d’intensité et prendre la balle plus tôt. Une tactique payante, qui a propulsé le Majorquin vers une onzième demi-finale à Roland-Garros. Juan Martin Del Potro (n°6), son adversaire vendredi en demi-finales, est prévenu : il vaudrait mieux pour lui qu’il ne pleuve pas. Pourtant, si les conditions atmosphériques pouvaient être humides et la terre battue lourde, ce serait tout de même mieux pour lui !

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Crédit photos : @rolandgarros

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