Interviews

Rencontre avec… Sébastien Boltz

À l’heure où on ne parle que de Roland-Garros (quoi de plus normal ?) et où tous les yeux sont rivés sur la Porte d’Auteuil, nous vous proposons de sortir un peu du carcan des meilleurs joueurs mondiaux pour parler d’un joueur français attachant par sa personnalité. Sébastien Boltz n’est pas le plus connu dans l’hexagone, et pourtant il a déjà été classé dans le Top 300. C’était en 2015, avant qu’un problème personnel ne le fasse chuter, au point de se remettre lourdement en question. Le plaisir du jeu, il l’a retrouvé et les victoires sont (re)venues avec. Le jeune homme de 25 ans a d’ailleurs remporté deux titres sur le circuit ITF cette saison, le dernier à Sozopol il y a moins d’une semaine. L’occasion pour nous d’échanger avec lui sur son jeu (pour vous le faire découvrir), sur ses victoires mais aussi sur ses défaites (personnelles ou tennistiques). Nous vous proposons de partir ensemble à la rencontre de Sébastien, un joueur ouvert à la discussion et qui n’a pas hésité une seule seconde à répondre à toutes nos questions.

DbjPR0aWAAAWwIh


Bonjour Sébastien. Pour commencer, pouvez-vous nous retracer votre parcours ? À quel âge avez-vous commencé le tennis et qu’est-ce qui vous a donné envie d’en faire votre métier ?

Bonjour, j’ai commencé le tennis à l’âge de 5 ans, dans le club de ma ville d’origine à Ormesson-sur-Marne pendant trois ans. Mon entraîneur de l’époque a dit à mes parents qu’il ne pouvait pas me faire progresser plus que ça, donc il a appelé un coach de la ville d’à côté et lui a dit :  »écoute, j’ai un jeune joueur qui commence à pas mal jouer, mais je ne peux pas le faire progresser plus que ça, est-ce que tu pourrais t’en occuper ? ». Et c’est à partir de là que j’ai passé dix ans de ma vie dans le Tennis Club de Sucy-En-Brie et que j’ai progressé dans mon tennis. Ce qui m’a poussé à en faire maintenant mon métier, c’est qu’à l’âge de 13/14 ans, quand j’ai commencé à être dans les meilleurs joueurs de ma catégorie, je me suis dis qu’il fallait que je me lance et que je me donne à fond dans ce sport. Avant cette décision, j’avais fait pas mal de sport (football, judo, rugby) et un à un j’ai arrêté jusqu’à ne faire que du tennis.

Avec qui vous entraînez-vous ? Appartenez-vous à une structure, une académie ou êtes-vous affilié à la Fédération Française de Tennis ?

Je m’entraîne actuellement dans une structure qui s’appelle ASCAP TENNIS avec Grégoire Jacq et d’autres jeunes joueurs entre 1/6 et -4/6.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre style de jeu ? Quels sont, d’après vous, vos forces et vos faiblesses ? Quels aspects de votre jeu essayez-vous d’améliorer à l’entraînement ?

Sébastien Boltz (1)Mon style de jeu est joueur de fond de court, coup droit puissant mais qui peut parfois me faire défaut et revers de neutralisation, service varié. Je dirais aussi que mon mental m’aide à gagner beaucoup de match, mais il peut parfois s’avérer défaillant. Je travaille beaucoup cet aspect-là pour gagner en qualité de jeu. J’essaye d’améliorer à peu près tous les compartiments du jeu mais je mets l’accent sur les attaques suivies de montées au filet et de ne pas être trop loin derrière la ligne de fond.

Quelle est votre surface favorite, celle où votre jeu s’exprime le mieux ? Est-ce la surface sur laquelle vous avez grandi et appris le tennis ?

Ma surface favorite reste le dur. J’ai grandi sur dur depuis mon enfance et j’ai eu mes meilleurs résultats sur cette surface, donc je dirais que le dur me représente bien.

Ce dimanche, vous avez remporté votre septième titre sur le circuit ITF, à Sozopol (Bulgarie, 15 000 $). C’est votre deuxième titre cette année, après La Grande Motte (France, 15 000 $). Racontez-nous un peu comment s’est passé votre tournoi et ce que vous avez ressenti au terme de cette victoire ?

Sébastien Boltz (3)Quand j’ai gagné ce tournoi à Sozopol, je me suis senti bien du premier tour jusqu’à cette finale, dans un cadre qui était vraiment magnifique avec des conditions de jeux vraiment agréables. Je n’ai pas sauté de joie mais évidemment ça fait toujours plaisir de gagner un tournoi, en plus sans perdre un set. J’étais donc content mais cinq minutes après, je me suis dit que le chemin était encore long et qu’il fallait que je garde cette attitude, que j’ai eue tout au long du tournoi. Tout est une question d’attitude et de concentration.

En 2015, vous aviez remporté quatre tournois Futures. Puis jusqu’à cette année, plus rien. En 2018, vous en êtes déjà à deux titres. Que s’est-il passé durant ces trois années de disette ? Est-ce que cela a été une période de gros doutes ?

Durant les deux années qui ont suivi après 2015, j’ai eu un petit problème dans ma vie privée qui en était devenu un gros au fur et à mesure des semaines. Du coup, j’ai dégringolé au classement et c’est vrai que j’ai eu des périodes de gros doutes après ça, surtout l’été dernier où je n’avais limite plus envie de me retrouver sur un terrain de tennis. Je n’avais jamais ressenti ça auparavant dans ma carrière. Je me suis beaucoup remis en question après cette période, j’ai eu le temps de réfléchir pendant un mois, où j’ai complètement arrêté de jouer. Et je dois dire que ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai pu repartir du bon pied.

Parlons un peu de votre classement. En 2015, votre meilleure saison, vous avez atteint la 293ème place mondiale. Puis vous avez chuté et êtes aujourd’hui classé 606ème. À 25 ans, pensez-vous pouvoir égaler, voire dépasser votre meilleure marque ?

Je pense pouvoir égaler voir dépasser mon classement, oui. Je pense qu’à 25 ans, j’ai encore des choses à prouver, c’est encore assez jeune si vous comparez la moyenne d’âge du Top 100. Tout est une question en grande partie du mental que j’ai sur chaque compétition que je joue.

Vous jouez aussi souvent en double et vous gagnez régulièrement avec des partenaires différents, qu’ils soient Français ou non. Comment choisissez-vous vos partenaires ? Le double, c’est vraiment une spécialité qui vous attire et vous permet de progresser ?

Sébastien Boltz (2)J’ai commencé à me mettre à jouer réellement en double cette année. J’essaye de choisir un partenaire qui a un bon classement en double et qui joue le double à fond, même s’il perd en simple. Le double sert vraiment à progresser au niveau de la volée, je progresse beaucoup au service et aux retours aussi ça m’aide beaucoup.

Pour finir, vous allez certainement suivre Roland-Garros, serez-vous présent sur le tournoi ? Est-ce un rêve pour vous de pouvoir un jour disputer les qualifications ou même un match dans le grand tableau de ce Grand Chelem, ou préféreriez-vous jouer l’Australian Open ou l’US Open qui se disputent sur dur ?

Pour Roland-Garros, je ne serai malheureusement pas sur place pour regarder les matchs. Mais j’aurai une pensée pour tous les joueurs français qui joueront. En ce qui concerne une participation à un Grand Chelem, je préférerais jouer Wimbledon ou l’US Open, qui sont pour moi les deux meilleurs tournois du Grand Chelem.

Un énorme merci Sébastien d’avoir accepté de répondre à nos questions, nous vous souhaitons que des bonnes choses pour la suite de votre saison, et à bientôt !

Propos recueillis par Yannick Giammona pour « Jeu, Set Et Match »

2 réflexions au sujet de “Rencontre avec… Sébastien Boltz”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s