Interviews

Rencontre avec… Manuel Guinard

Quand nous réalisons un entretien avec une joueuse ou un joueur de tennis professionnel – vous commencez à en avoir l’habitude – c’est pour vous présenter quelqu’un qui n’a pas encore goûté aux grandes victoires. Ces termes ne sont pas péjoratifs, loin de là. C’est souvent l’occasion, pour vous comme pour nous, de découvrir des jeunes qui pourraient entrer dans le Top 100 et même jouer les premiers rôles dans les années à venir. Aujourd’hui, nous vous présentons à travers cet entretien le Breton Manuel Guinard (22 ans, n°596), originaire de Saint-Malo. Ce jeune joueur français vient de remporter ce dimanche son tout premier titre ITF à Doboj (Bosnie-Herzégovine, 15 000 $), sur terre battue. De quoi donner soif de victoires à un joueur qui a une progression régulière : classé n°1012 à l’ATP fin 2016, il était n°745 fin 2017 et va bientôt entrer dans le Top 500. Il ne compte pas s’arrêter là, comme il nous le précise ci-dessous, même si le classement lui importe peu. Partons ensemble à la découverte de ce jeune joueur, très sympathique au demeurant.

Manuel Guinard (1)


Bonjour Manuel. Pour commencer, pouvez-vous nous retracer votre parcours ? À quel âge avez-vous commencé le tennis et qu’est-ce qui vous a donné envie d’en faire votre métier ?

Manuel Guinard (3)J’ai commencé le tennis à quatre ans au TCJA Saint-Malo, qui est toujours mon club. Je suis ensuite parti en sport-étude à Quimperlé pendant trois ans. Puis j’ai passé six ans dans une structure privée, ce qui m’a permis de faire un bond au classement dès la première année, car le fonctionnement était fait pour moi. Les deux entraîneurs là-bas ont fait du super travail (c’est en partie grâce à eux que je suis comme je suis sur le terrain). C’est l’Académie Française de Tennis en Mayenne. Je voulais faire du tennis mon métier dès le début et je resterai dans le tennis quoi qu’il arrive.

Avec qui vous entraînez-vous ? Appartenez-vous à une structure, une académie ou êtes-vous affilié à la Fédération Française de Tennis ?

Je m’entraîne à Saint-Grégoire (à côté de Rennes) avec des joueurs comme Quentin Gueydan (1500ème à l’ATP) ou encore Mathis Moysan. Mais parfois, il m’arrive de jouer avec des joueurs classés entre 3/6 et 1/6. Cela ne me dérange pas car je sais qu’ils s’arrachent et j’adore ça, donc je m’entraîne en privé avec mon coach Sebastien Villette.

Pouvez-vous nous parler un peu de votre style de jeu ? Quels sont, d’après vous, vos forces et vos faiblesses ?

Je suis un joueur offensif. Je mets beaucoup d’intensité dans toutes mes frappes, j’adore l’effort et le combat.

Quelle est votre surface favorite, celle où votre jeu s’exprime le mieux ? Est-ce la surface sur laquelle vous avez grandi et appris le tennis ?

J’adore la terre battue, mais je suis efficace sur dur aussi. J’ai un penchant pour la terre mais mon jeu peut s’exprimer partout si je le l’utilise intelligemment. Sinon, je suis né et j’ai appris le tennis sur les courts en terre battue de Saint-Malo.

Ce dimanche, vous avez remporté votre premier titre sur le circuit ITF, à Doboj (Bosnie-Herzégovine, 15 000 $). Racontez-nous un peu comment s’est passé votre tournoi et ce que vous avez ressenti au terme de cette victoire ?

DcCsw1KWkAEkWXmJe me suis fait un peu peur au premier tour contre un joueur un peu fou fou qui a explosé après le gain de la première manche. Ensuite, je suis resté dans les objectifs mis en place avec mon coach avant de partir en Bosnie. J’ai réussi à les tenir tout au long du tournoi. Je suis très heureux d’avoir gagné mon premier titre car je joue bien depuis quelques mois maintenant. C’est une sorte de récompense. J’ai fait de gros résultats en tournoi en France, que beaucoup de monde peuvent critiquer. Mais là, je pense que je prouve à tout le monde que je ne vole pas mes résultats récents.

On dit souvent que pour les joueurs classés au-delà du Top 100, la vie est difficile sur le circuit, surtout financièrement. Est-ce votre cas, et si oui comment faites-vous pour vous en sortir au quotidien ?

Oui, c’est difficile. On est l’un des seuls métiers où on doit avancer l’argent pour pouvoir espérer en gagner. Si on ne joue pas bien, on perd de grosses sommes d’argent et si on gagne, on ne gagne pas énormément. Du moins, on se rembourse ou on gagne un peu mais cet argent-là nous, le remettons la semaine d’après pour jouer un autre tournoi où nous n’avons aucune garantie de quoi que ce soit. Pour les matchs par équipe, la ligue de Bretagne et le comité m’aident pour financer ma saison. Sinon, je cherche des sponsors par moi-même et depuis cette année, il y a une association qui aide les joueurs bretons sur le circuit? Cette association m’aide beaucoup mais pas que financièrement, elle m’aide au niveau communication et visibilité.

Parlons un peu de votre classement et de votre progression. Vous avez 22 ans, vous êtes aujourd’hui 596ème joueur mondial. Vous avez atteint votre meilleure marque en mars, une 575ème place mondiale. Pensez-vous pouvoir bientôt entrer dans le Top 500 ?

Manuel Guinard (2)Dans trois semaines, je serai vers la 500ème place mondiale grâce à cette victoire à Doboj. Je suis en Suède cette semaine, si je joue correctement je passerai sous les 500 donc oui, peut-être incessamment sous peu. (NDLR : à l’heure où nous publions cet entretien, Manuel s’est qualifié pour le deuxième tour du tournoi ITF de Lund, en Suède).

Votre progression est régulière depuis 2-3 ans, pensez-vous pouvoir monter encore plus haut, quel est votre objectif à moyen terme ? Et pour la saison 2018, quelle est la suite de votre programme ?

Je ne me fixe pas d’objectif de classement, car pour moi c’est une barrière. Je souhaite juste passer très vite sur le circuit Challenger.

Pour finir, vous allez certainement suivre Roland-Garros, serez-vous présent sur le tournoi ? Est-ce un rêve pour vous de pouvoir un jour disputer les qualifications ou même un match dans le grand tableau de ce Grand Chelem ?

Je vais suivre, oui, comme tout le monde. Ce serait un rêve, oui. Après, je joue au tennis pour jouer des tournois du Grand Chelem? Enfin, j’espère en jouer.

Un grand merci Manuel d’avoir accepté de répondre à nos questions, nous vous souhaitons que des bonnes choses pour la suite de votre saison !

Propos recueillis par Yannick Giammona pour « Jeu, Set Et Match »

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