Reportages

Barcelone, club centenaire et club d’adoption de Rafael Nadal

Depuis 1899, le Reial Club de Tenis Barcelona est un des grands acteurs du tennis espagnol. Depuis 1953, se déroule un tournoi masculin d’une semaine qui fait partie de la préparation pour Roland-Garros. Aujourd’hui, ce tournoi est un ATP 500. Le club de Barcelone a aussi accueilli un tournoi féminin de 2007 à 2012, qui n’aura pas survécu très longtemps. Si nous avons décidé de faire un focus sur ce club et ce tournoi, c’est parce qu’il se déroule cette semaine, avec de belles têtes d’affiche pour sa 66ème édition. Nous aurions aimé être sous le soleil espagnol pour vous livrer plus de détail sur le déroulement de ce tournoi mais nous nous contenterons de parler ici de son histoire, ce qui est déjà pas mal.

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  • Un petit point d’histoire…

foto_aerea_rctbEn 1953, Carlos Godó Valls, homme d’affaire reconnu dans le milieu, a décidé de créer un tournoi de tennis à Barcelone dans le Reial Club de Tenis, à l’occasion de l’ouverture d’un nouveau club-house à Pedralbes. Dans un calendrier mondial alors naissant (pour rappel, nous n’étions pas encore dans ce que l’on appelle l’ère open, qui débutera en 1968), ce tournoi va se positionner petit à petit. Au fur et à mesure, il va devenir un emblème pour la capitale catalane et va devenir un des événements sportifs les plus importants organisé chaque année. L’atmosphère du club fait que c’est aussi l’un des tournois les plus reconnus par les joueurs du circuit. Ce n’est pas pour rien si des joueurs comme Rafael Nadal ou Kei Nishikori ont inscrit leurs noms sur le trophée ! Mais nous y reviendront plus loin… En 1999, le club a fêté son centenaire, avec la présence de joueurs espagnols comme Arantxa Sánchez Vicario, Conchita Martinez, Rafael Nadal, Carlos Moya, Albert Costa, Javier Sanchez-Vicario, Emilio Sánchez-Vicario, Alberto Berasategui, Felix Mantilla, Julian Alonso, Tomás Carbonell, Francis Roig ou encore Galo Blanco.

entrega_premios_05Le trophée, qui porte le nom de Trofeo de Godó, a été crée dès la première édition du tournoi en 1953. Fabriqué en argent avec un poids de 13 kilos environ, sa base est en chêne américain. Le trophée a ensuite été entièrement renouvelé pour augmenter la taille de la base, afin de pouvoir y graver le nom de tous les vainqueurs au fil du temps. Cette œuvre reproduit un joueur de tennis miniature situé dans la couverture supérieure, tandis qu’un ornement ciselé orne le verre entier. Le temps de réalisation du trophée est établi en environ 800 heures, et son prix est évalué à environ 36 000 euros.

  • Un club centenaire rempli de tradition.

1910-1920Le club de Barcelone est né suite à la première exposition internationale de Barcelone en 1898. Le boom industriel et commercial créé alors a attiré de nombreuses familles étrangères à s’installer dans la ville, avec pour conséquence le développement de certains sports comme le tennis. Ainsi, en 1899, conjointement avec la création du club de football du FC Barcelone, plusieurs familles anglaises ont créé le Barcelone Lawn Tennis Club, premier nom d’un club déjà prestigieux. Devant le succès du club, il a dû changer d’emplacement au cours des années, pour s’installer à Pedralbes dans les années 1950. Au XXIème siècle, de nouvelles améliorations ont été apportées au club, avec notamment l’ouverture d’un centre sportif en 2009 et d’un parking privé en 2010.

  • Que des grands noms au palmarès du tournoi.

Vous allez vite vous en rendre compte, depuis les années 1960, que des joueurs de renom ont inscrit leur nom au palmarès d’un tournoi qui aujourd’hui est appelé le Barcelona Open Banc Sabadell. À commencer par des joueurs espagnols spécialistes de la terre battue. On peut par exemple citer Andrés Gimeno, le premier Ibère titré en 1960 face à l’Italien Giuseppe Merlo (6-1, 6-2, 6-1) ou encore Manolo Santana, titré en 1962 face à l’Indian Ramanathan Krishnan (4-6, 6-3, 6-4, 8-6). Comme vous pouvez le voir, à l’époque, les matches se jouaient en trois sets gagnants et sans tie break (il fallait forcément deux jeux d’écart pour conclure un set) !

Dans les années 1970, d’autres grands noms se sont ajoutés. Le Roumain Ilie Nastase a soulevé le Trofeo de Godó à deux reprises en 1973 (un tournoi avait été organisé en avril et un autre en octobre), alors que la finale 1977 avait vu le Suédois Bjorn Borg battre l’Espagnol Manuel Orantes (déjà titré à trois reprises et tenant du titre) en trois sets 6-2, 7-5, 6-2.

Les années 1980 marquent les règnes du Tchèque Ivan Lendl (deux titres en 1980-1981) et surtout du Suédois Mats Wilander (trois titres entre 1982 et 1984). L’année suivante, en 1985, alors triple tenant du titre, le Suédois a été déchu de son trophée par un Français ! Il s’agissait de Thierry Tulasne, qui a vaincu Wilander en cinq sets après avoir été mené deux sets à un (0-6, 6-2, 3-6 6-4, 6-0). Tulasne reste à ce jour le seul joueur tricolore à avoir inscrit son nom au palmarès du tournoi de Barcelone.

En 1991, les Espagnols ont repris le pouvoir chez eux, grâce à une finale 100% ibère. En effet, Emilio Sànchez dominait alors en finale Sergi Bruguera 6-4, 7-6 (7), 6-2. L’année suivante, c’est Carlos Costa qui soulevait le trophée et en 1997, c’était au tour d’Albert Costa, qui battait en finale son compatriote Albert Portas en trois sets 7-5, 6-4, 6-4. Entre temps, des joueurs comme Richard Krajicek (1994) ou encore Thomas Muster (1995 et 1996), grand spécialiste de terre battue, ont remporté le tournoi. En 1999, retour en Espagne pour le trophée avec la victoire de Felix Mantilla.

Au début des années 2000, ce sont pas moins de trois joueurs ibères qui ont rajouté leur nom au palmarès. En 2001, ce fut encore une fois une finale 100% espagnole avec la victoire de Juan Carlos Ferrero sur son compatriote Carlos Moya (4-6, 7-5, 6-3, 3-6, 7-5). Moya qui parviendra à soulever le trophée en 2003, en battant en finale le Russe Marat Safin (titré en 2000) sur abandon au début de la quatrième manche. Enfin, en 2004, c’est Tommy Robredo qui l’emportait en dominant Gaston Gaudio en finale (6-3, 4-6, 6-2, 3-6, 6-3).

À partir de 2005, c’est le début de l’ère Nadal. Entre 2005 et 2013, Rafael Nadal remportera la bagatelle de huit titres. Cette formidable série ne sera interrompue qu’en 2010, quand Fernando Verdasco avait gagné en battant en finale le Suédois Robin Soderling (6-3, 4-6, 6-3). Sur ses huit premiers titres, le taureau de Manacor a battu sept fois des compatriotes : Juan Carlos Ferrero en 2005, Tommy Robredo en 2006, Nicolas Almagro en 2013 et sa victime préférée, David Ferrer, battu quatre fois en finale (2008, 2009, 2011, 2012). 

Ces quatre dernières années, seulement deux joueurs se sont partagé le trophée. Le Japonais Kei Nishikori a remporté deux fois d’affilée le tournoi : en 2014, il battait aisément en finale le Colombien Santiago Giraldo (6-2, 6-2), alors qu’en 2015 il dominait l’Espagnol Pablo Andùjar (6-4, 6-4). En 2016, Nishikori était à nouveau finaliste mais il subissait la loi de Rafael Nadal qui reprenait les commandes de son tournoi (6-4, 7-5 en finale). L’an passé, en 2017, Rafael Nadal conservait son titre face à Dominic Thiem (6-4, 6-1), réalisant ainsi une dixième victoire record, la fameuse « Decima » qu’il fera aussi à Roland-Garros quelques semaines plus tard.

  • 2018 : un bon lot de têtes d’affiche.

Dbdx-kSXcAIWMNSCette année encore, le tournoi de Barcelone est parvenu à attirer un bon nombre de têtes d’affiche. le cadre du club y est bien sûr pour quelque chose. Même si ce n’est qu’un ATP 500, qui de plus intervient juste après le Masters 1000 de Monte-Carlo, c’est un excellente préparation pour Roland-Garros. Raison pour laquelle le double tenant du titre Rafael Nadal, tout juste auréolé d’une onzième couronne à Monte-Carlo, est arrivé en grandes pompes en Espagne. Il tentera là aussi d’y décrocher un onzième titre record pour réaliser la « Undecima« . Finaliste l’an passé, Dominic Thiem est aussi présent, tout comme Kei Nishikori (finaliste à Monaco). Grigor Dimitrov, David Goffin, Novak Djokovic, Pablo Carreño Busta ou encore Diego Schwartzmann sont autant de têtes de série venues parfaire leur préparation avant le Grand Chelem parisien. Du côté des Français, ils sont plusieurs à tenter de succéder à Thierry Tulasne au palmarès : Benoît Paire (qui a passé le premier tour lundi face au Chilien Nicolas Jarry), Gilles Simon (qui a aussi passé le premier tour ce mardi contre le qualifié Ilya Ivashka et affrontera Dimitrov au deuxième tour), Corentin Moutet (issu des qualifications mais qui a malheureusement échoué lundi contre Stefanos Tsitsipas) et enfin Adrian Mannarino, tête de série n°11, qui débutera au deuxième tour face à l’Uruguayen Pablo Cuevas. Cette 66ème édition promet encore d’être passionnante et nous la suivrons pour vous tout au long de la semaine !

 

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